L’école Bauhaus, courant artistique et architecturale

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« Architectes, sculpteurs, peintres, tous nous devons retourner à l’artisanat » affirme Walter Gropius, architecte et co-fondateur de l’École du Bauhaus, dans le fameux manifeste du même nom. Fondé en 1919 à Weimar (Allemagne), le Bauhaus a en effet pour but de faire tomber les frontières entre l’art et l’artisanat, et d’allier les deux activités pour créer une œuvre résolument tournée vers l’utile et le fonctionnel. Son influence dans l’entre-deux guerres est à l’origine d’une véritable révolution artistique, qui fera du design et de l’architecture moderne ce qu’ils sont aujourd’hui. L’exposition qui vient d’ouvrir il y a quelques jours au Musée des Arts Décoratifs de Paris est l’occasion rêvée de revenir sur un mouvement qui n’a jamais vraiment cessé d’être.


Le Bauhaus, une école à l’histoire singulière

L’École du Bauhaus voit le jour en 1919, au lendemain de la 1ère Guerre Mondiale, de la fusion entre l’École des Arts Appliqués et l’École des Beaux-Arts de Weimar. Impulsée par l’architecte et designer allemand Walter Gropius et le peintre, architecte et décorateur belge Henry Van de Velde, la Maison du Bâtir – de « Bau », bâtiment et « Haus », maison – veut révolutionner l’enseignement des arts en fusionnant arts plastiques, artisanat, et production technique. La grande idée du Bauhaus, c’est de ne plus dissocier l’art pour l’art (les beaux-arts) et l’art pour la construction (les arts appliqués), pour produire des œuvres alliant esthétisme et fonctionnalisme.

Dans son manifeste du Bauhaus, publié la même année, Gropius déclare que “le but final de toute activité plastique est la construction ! ». Si cette position n’est pas nouvelle, et puise son énergie dans le mouvement britannique Arts & Crafts des années 1860, elle prend tout son sens au sortir de la 1ère Guerre Mondiale ; derrière tout ça, c’est en effet la volonté d’un monde meilleur qui se manifeste.

La force du Bauhaus, c’est d’avoir su réunir les meilleurs artistes et artisans de l’époque autour d’un projet d’enseignement commun fondée sur l’ouverture d’esprit et la pluridisciplinarité : les grands noms de l’architecture (Marcel Breuer, Ludwig Hilberseimer, …), de la peinture (Paul Klee), de la photographie (László Moholy-Nagy), entre autres, s’y réunissent.

L’École soutient l’idée qu’art et architecture doivent répondre aux exigences du monde industriel moderne, sans limite de frontière ou de classe sociale ; dans ce contexte, minimalisme, utilité, absence d’ornements, simplicité, esthétique et universalité sont les maître-mots. Elle rejette tout principe de symétrie, de courbes, ou d’éléments décoratifs.

Interdite par le pouvoir nazi, au même titre qu’il condamne « l’art dégénéré », elle est contrainte de fermer en 1933, durant le mandat de son dernier directeur Ludwig Mies Van der Rohe. Un mal pour un bien, si l’on y pense, puisque l’école s’érige en symbole de résistance, et la fuite des cerveaux qui s’en suit contribuera grandement à propager les fondements du Bauhaus sur la scène internationale.

Le Bauhaus, et son influence sur l’architecture moderne

Alors que l’architecture constitue pour l’École une de ses divisions les plus récentes – elle n’ouvre que 6 ans avant la fermeture définitive de l’établissement -, ce sont paradoxalement les architectes qui font vivre le mieux l’esprit du Bauhaus aujourd’hui.

Son influence a été déterminante pour l’architecture, en l’introduisant directement dans l’ère de la modernité, avec de nouvelles formes et de nouveaux matériaux. Le bâtiment de l’École, déjà à Weimar, puis à Dessau, suite au déménagement des locaux, présente lui-même une architecture standardisée, caractéristique du courant Bauhaus: lignes et angles droits, murs de verre et de béton blanc, absence de tout ornement. Froid et impersonnel, diront certains, à l’époque. Résolument minimaliste et novateur, en tout cas.

Les bâtiments Bauhaus actuels, dont la plus grande concentration se trouve à Tel Aviv – devenue une place forte du courant après l’installation de professeurs et étudiants juifs de l’école –, ou encore le Haus Am Horn (1923) de Weimar, ainsi que les célèbres gratte-ciels en verre, métal et béton de Chicago (où s’était réfugié Mies Van Der Rohe), s’inscrivent dans ce principe de standardisation, de confort et de fonctionnalité.

Le Bauhaus, et son influence sur le design

On l’a vu, le Bauhaus cherche à démocratiser et standardiser l’art pour le rendre accessible au plus grand nombre, à travers des créations élégantes, mais simples, sobres et pratiques.

Le design issu du mouvement Bauhaus ne déroge pas à la règle. De même que pour l’architecture, l’école enseigne ainsi la conception d’objets épurés, minimalistes et innovants destinés à une production en série, à travers des cours de peinture, de métal, de poterie, de menuiserie et avec des professeurs aussi talentueux que Paul Klee, Vassily Kandinsky, ou encore Marcel Breuer.

Le Bauhaus donnera ainsi le jour à des pièces de design aujourd’hui incontournables: la collection de mobilier tubulaire de Marcel Brauer, en particulier sa Chaise Wassily (1922), première chaise en tubes d’acier jamais conçue ; l’iconique fauteuil Barcelona, imaginé par Ludwig Mies Van der Rohe à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1929 ; la métallique Diamond Chair (1950), d’Henry Bertoia ; ou encore, la lampe Bertlite (1930), créée par Robert Dudley qui reprend les fondamentaux mêmes du mouvement : unir art et technologie.

Finalement, si le Bauhaus n’a existé «physiquement» que 14 courtes années, son influence est telle que son esprit reste bien là, fort de la propagation de ses principes dans le monde entier, de la renommée de ses directeurs et professeurs, ainsi que de son histoire singulière face à la montée du nazisme. En matière de design, comme d’architecture, elle a montré la voie au style moderne international, toujours une référence à l’heure actuelle.

Magalie
Magalie
Bonjour à tous, je me présente, je suis Magalie, la fan de Design de l'équipe ! Je me passionne pour tous les Designers qui ont construit le Design d'aujourd'hui et dont tout le monde s'inspire. Je m'intéresse également beaucoup à l'art et n'hésite pas à faire quelques expositions dans la capitale.

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